Communiqué d’ICO sur la Côte d’Ivoire

Communiqué de l’Initiative Communiste-Ouvrière à propos de la situation en Côte d’Ivoire, 5 janvier 2011 :

En ce début d’année 2011, la population de Côte d’Ivoire vit dans la crainte que le conflit entre Gbagbo et Ouattara, les deux candidats à la présidentielle qui se considèrent présidents, ne fasse plonger le pays dans un nouveau bain de sang. D’un tel bain de sang, nous savons déjà qui seront les perdant : les ouvriers, les chômeurs, les paysans et plus largement les classes populaires de Côte d’Ivoire, qui serviront de chairs à canon dans ce conflit, tomberont victimes de pogroms anti-immigrés au nom de l’idéologie raciste de « l’ivoirité » ou autres divisions ethniques et religieuses dont se servent les dirigeants pour diviser la population et la classe ouvrière et mieux asseoir leur pouvoir. Nous savons aussi, que le président soit Gbagbo ou Ouattara, qui seront les véritables vainqueurs de ce conflit : les trusts français comme Bolloré, Total, Bouygues, BNP Paris Bas, France Télécom et autres entreprises françaises qui sont les véritables maîtres de ce pays.

L’armée française est présente en Côte d’Ivoire, fin 2002, elle est intervenue pour sauver le dictateur Gbagbo face à une rébellion au nord du pays. Pendant des années et des années, Gbagbo et sa dictature étaient les loyaux serviteurs de l’impérialisme français. Aujourd’hui, Sarkozy et la bourgeoisie française préfèrent jouer la carte de Ouattara. Et alors que Gbagbo, l’ancien serviteur des trusts français, tente de mobiliser autour de lui avec un discours « anti-impérialiste », Ouattara est présenté comme un « démocrate » face à la dictature. Rappelons qu’il fut de 1990 à 1993 le premier ministre de Houphouët-Boigny, dictateur qui fit régner la terreur contre toute opposition et en particulier contre les communistes. Si la dictature d’Houphouët-Boigny était connu pour ses fastes, pour la population, ce fut une détérioration de ses conditions de vie, le nombre de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté passant de 11% en 1985 à 31% en 1993. Et Ouattara, le premier ministre d’alors, y avait contribué par une politique d’austérité, licenciant des milliers de travailleurs de la fonction publique et privatisant, pour les plus grands profits de Bolloré ou Bouygues, des secteurs comme l’eau et l’électricité. Quant à Gbagbo, président de la Côte d’Ivoire depuis l’an 2000, connu pour sa démagogie raciste au nom de « l’ivoirité », il a mené la même politique, favorable aux trusts français, et de misère et d’austérité pour les travailleurs. Les salaires, par exemple, sont, malgré la flambée des prix, gelés depuis une décennie.

Non décidément, les travailleuses et les travailleurs de Côte d’Ivoire n’ont rien à gagner mais tout à perdre dans ce conflit entre Gbagbo et Ouattara. Quant aux troupes françaises, elles ne sont en Côte d’Ivoire que pour protéger les intérêts économiques des capitalistes français, hier pour maintenir en place Gbagbo, demain peut-être pour installer Ouattara, mais à chaque fois aussi pour défendre, en Côte d’Ivoire comme ailleurs en Afrique, les plus sanglants régimes tant que Bolloré, Bouygues, Total et d’autres trusts peuvent continuer à s’enrichir. Nous avons encore en mémoire, parmi les nombreux crimes de l’impérialisme français en Afrique, sa complicité dans le génocide au Rwanda en 1994.

Solidaires de nos soeurs et frères de classe de Côte d’Ivoire, nous tremblons avec eux et elles des risques d’un nouveau bain de sang, et dénonçons les appels à la division sur des bases ethniques nationalistes, tribales ou religieuses avancés par les différentes fractions de la classe dirigeante. En Côte d’Ivoire comme ailleurs, les travailleuses et les travailleurs, quelque soit leur ethnie, nationalité ou religion, ont une lutte commune à mener pour la défense de leurs intérêts de classe, pour le bien-être, la liberté et l’égalité. Vivant en France, nous dénonçons en particulier les jeux de l’Etat français en Côte d’Ivoire et plus largement en Afrique, demandons le retrait des troupes françaises de Côte d’Ivoire et de tout le continent africain, et considérons que les dirigeants politiques, militaires et économiques français devront un jour être jugés et condamnés pour l’ensemble de leurs crimes commis en Afrique.

Initiative Communiste-Ouvrière, 5 janvier 2011

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